par angèle casanova

abécédaire au vent

lundi 30 juin 2014

On les voit de loin. Ils flottent au vent. Tout là-haut. Nous nous approchons. Ils sont attachés au sommet de grands mâts blancs. Éoliennes de pacotille. La couleur est la même. Le vent aussi. Mais ils ne tournent pas. Eux. Ils se contentent de claquer au gré de la brise. Sèchement. En un chœur désaccordé qui rappelle les bords de mer. Les parasols malmenés par l’air du large, les serviettes qui s’envolent dès que les corps qui les couvent s’en arrachent. La qualité de l’air est pourtant différente ici. Urbaine. Elle est imprégnée de fraîcheur. Celle de la pluie juste tarie. Celle de ce soleil qui joue avec nos nerfs. Je me montre. Je me cache. Coucou me voilà. Coucou je n’y suis plus. Alors on fait comme si. Comme si la mer était là. Comme si l’insouciance aussi. C’est dimanche qui veut ça. On s’approche des mâts. On lève le nez. Vers eux. Ils s’alignent le long d’une double rangée qui fait procession. Qui souligne la solennité de l’endroit et pointe vers le Parlement. Au tout début, le drapeau bleu plein d’étoiles. Et puis les pays. Classés, semble-t-il, par ordre alphabétique. Et non l’Albanie ne fait pas partie de l’Europe, dit-elle en gloussant. Pour ma part, je regarde. Sans participer au jeu. Les drapeaux sont beaux. Quelle que soit leur signification. Leur chatoiement me suffit.
Les enfants jouent à tricoter les mâts. Un à l’endroit. Un à l’envers. Avec leurs jambes. Ils courent en tout sens. Se cachent-cachent. Se colin-maillardent. Rigolent à gorge déployée. Le petit lève le nez. Ses baskets jaunes. Son jean jaune. Les couleurs tout là-haut. Qui claquent. Eclats de jaune au ciel. Je le prends par la main. Il se refuse. S’ébroue. Par devant avec les grands. En s’esclaffant.

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