par angèle casanova

des bassines, des bougies et des oeufs, une recension des Vases communicants d’avril 2015, par Angèle Casanova

dimanche 12 avril 2015



Soigner son enfant, faire un gâteau, cacher des oeufs, tomber malade, finir la tête dans une bassine. Le monde peut bien devenir fou, chez nous, il fait chaud. Je le mets donc à distance. Je m’abstrais, et je lis vos textes. La routine s’installe. Toujours agréable. Toujours enthousiaste. Lire vos textes. Avec respect. Sentir l’importance que leur lecture a pour vous. M’en sentir intimidée. Comme à chaque fois. Alors persévérer. Malgré la fatigue. Le temps qui manque. Continuer à vous lire. A vous annoter. A réfléchir à comment vous lire aussi. Et le faire. Comme à chaque fois. Avec le même plaisir qu’on a à manger un chocolat lentement. En savourant chaque bouchée. Yeux fermés. Pour retarder la fin.
Pourtant, cette fois-ci, comme pour les Vases communicants de mars, je rends ma copie avec une semaine de retard. Les aléa de la vie de jeune mère, de la maladie qui peut toujours venir frapper au mauvais moment, et le travail, toujours plus prenant, font que je n’ai pas pu tenir mes engagements. Pourtant, lorsque j’ai dit à Olivier Savignat mes regrets de ne pouvoir vous rendre ma recension en temps et en heure, il m’a répondu, de manière inattendue et confondante, que, précisément, ce délai était peut-être une chance. Qu’il permettait d’aborder les textes autrement. Avec plus de recul. Et que, s’il est nécessaire d’éviter de rendre ce travail en retard, il reste que je ne dois pas mettre ma vie à l’écart pour l’accomplir. Je ferai donc au mieux pour remplir la mission que j’ai acceptée et, si cela n’est pas possible, gageons que nous trouverons dans le délai de publication de ma recension d’autres avantages.


Note du 3 janvier 2017 : Les lectures ont été supprimées de cet article, mon quota maximal de lectures étant atteint sur Soundcloud. Veuillez m’en excuser.





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Dominique Autrou et Hélène Verdier
Un échange "de Senlis à Pourville" sur le thème : "Text(ur)es : matière, temps, mémoire en fils croisés."

Textures, 1, par Dominique Autrou @aucoat (blog la distance au personnage dans le sens médical : chronique)
"L’avion était fréquemment au complet de voyageurs, une vingtaine, peut-être plus. Des hommes et des femmes, seuls, parfois des couples, des gens d’ici que souvent nous reconnaissions. Des commerçants, des chirurgiens. Un vétérinaire, des industriels. Des professions libérales, comme on disait avec cette espèce d’ironie du sort prémonitoire. Curieusement, ils faisaient la plupart du temps l’aller-retour dans la journée."
Un éclat de lumière est l’occasion pour Dominique Autrou de sauter d’aéroport en aéroport, du présent au passé, en invoquant la figure paternelle qui lui fit découvrir cet univers. Un texte limpide, très agréable à lire, très évocateur, et qui nous donne envie de feuilleter des livres sur l’aéronautique, ou tout simplement, d’aller voir de près à quoi cela ressemble, un avion. Sa beauté mystérieuse, qui parle d’ailleurs.


Textures, 2, par Hélène Verdier @h_verdier (blog simultanées)
"Rembobiner le jour. Un pas après l’autre, mer tenue à l’œil, pensée qui divague, cheveu sous le vent. Il y a sur les digues dans ces allers-retours comme une obligation. Promenade aux anglais, promenade Marcel Proust, côte d’Azur ou d’Opale, parfums d’autrefois."
Une station balnéaire hors saison. La lumière, l’abandon de toutes choses, une infinie poésie qui se dégage. Celle de l’absence. Du décor latent. Un texte précieux, fragile et joliment surrané.


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François Bonneau et Marianne Desroziers
"[N]otre thème commun était la peur, traité chacun à notre manière. -ai tenté petit inventaire glaçant, et ce qu’il faudrait en faire : prendre ses peurs dans les bras (à bras-le-corps mais en même temps dans une acceptation de soi & de ses failles...)" (propos issus d’une conversation avec François Bonneau)

Ce tremblement, ce poids, il nous faudrait pourtant les prendre dans les bras, par François Bonneau @francoisbonneau (blog L’irrégulier)
"C’est à peine une idée, un courant reptilien, un chien qui casse sa chaine, dormir sur l’avenue ou dans une cellule, ce sont des dos, dizaines, qui se tournent et détournent et prennent la tangente, qu’on ne reverra pas,"
Dire ce qu’elle n’est pas pour la circonscrire, c’est aussi le constat d’une impuissance à dire ce qu’elle est. Ontologie négative chère aux philosophes, appliquée ici non pas à Dieu, mais à la peur. Un texte qui roule comme une vague sans fin. Qui parle de celui qui l’écrit, de ses peurs, de qui il est. Une langue étrange et belle.


Couvaison, par Marianne Desroziers @MarianDesrozier (blog Marianne Desroziers)
"Le nourrir, le cajoler
Le gâter, le couver
Lui faire un joli nid
Dans votre intérieur
Vous lui êtes dévoué
"
Marianne Desroziers aime écrire de courts poèmes, qui arrivent on ne sait comment à être à la fois ouverts et précis. De petits bijoux qui créent un monde en quelques mots. Avec ce poème, Marianne s’essaie à l’allégorie, et c’est une réussite. La peur s’y incarne en un animal de la forêt, qui se laisse domestiquer pour mieux mordre à la fin. Un régal.

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Pierre Cohen-Hadria et Catherine Désormière
Ils aiment tous deux Londres et les voyages, elle aime écrire des textes à partir d’images. Ils aiment écrire ensemble. Alors ce vase, entre eux, comme une évidence (propos issus d’une conversation avec Pierre Cohen-Hadria).

Sloan street, par Pierre Cohen-Hadria (site Pendant le week-end)
"deux hommes m’ont abordé, « police, papers… ! » m’ont-ils dit, léger accent d’ailleurs, mais d’ailleurs j’y étais, j’ai regardé leurs chaussures, je me souviens exactement de mon regard qui se baisse et qui voit des chaussures vieillies, mal entretenues, des pauvres chaussures ou des chaussures de pauvres, et j’ai répondu que je ne comprenais pas, puis je leur ai demandé leurs cartes de flics, dans mon anglais balbutiant, je pense qu’ils voulaient me tirer mon passeport,"
Un épisode déjà raconté ailleurs, mais Pierre Cohen-Hadria aime creuser ses motifs, avec légéreté. Un changement de point de vue, la scène est différente. Des pickpockets, rue Sloane à Londres, se font passer pour des policiers, et détalent dès qu’il leur demande leurs papiers. Une scène fugace, en pleine rue, au milieu du va-et-vient des passants. Un délicieux moment de lecture en compagnie de Pierre.


Au bord de la route, par Catherine Désormière (blog Qui parle ?)
"Elle buvait son café, debout, face à la fenêtre, le regard droit devant elle, comme si elle avait pu voir le paysage au dehors, à travers les motifs colorés et fanés des rideaux."
Une femme, seule dans une maison isolée. Une voiture passe au loin. La tension monte. Les gestes, quotidiens, se suspendent un temps, et reprennent, précis et machinaux. Une autre voiture passe, s’arrête...
Une courte nouvelle, étrange et belle, qui nous tient en haleine jusqu’à sa fin, ouverte.
Catherine Désormière l’a écrite à partir d’une photographie où une femme, de dos, mains ballantes sur une robe noire, fait face à un groupe qui, visiblement, joue à la pétanque. L’angle de vue, légèrement de biais, en contre-plongée, la trace de doigt sur le bord inférieur droit de l’image, la distordent, la rendent inquiétante, et ont suscité cette histoire qui laisse deviner l’imminence d’un drame sanglant au milieu de nulle part.

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Sébastien de Cornuaud-Marcheteau et Danielle Masson
"Nous sommes partis d’une photo de ma collection personnelle, un souvenir de vacances dans un camping dans le Roussillon mettant en scène mon fils. Mais ç’aurait pu être tout aussi bien moi aux abords des Saintes-Maries de la Mer ou de Saint-Malo." (Sébastien de Cornuaud-Marcheteau)

Balançoire, par Sébastien de Cornuaud-Marcheteau @labyrinthiques (site Labyrinthiques)
"Il ferait trop chaud, alors on aurait posé le ballon et abandonné toute prétention à taper dedans, à le pousser dans les cages, à jouer des pieds et des coudes. On aurait proclamé le mitan des heures, réclamer la fin de toute prolongation, on aurait dit pouce ! Pause ! On boit !"
Il fait chaud au camping. Un groupe d’enfants trompe l’ennui en tapant dans une balle et en faisant de la balançoire, avant de pouvoir, à une heure plus fraîche, partir à la plage. Les jeux de l’enfance, ses gestes et cérémoniaux, sont rendus avec une grande vivacité dans ce court texte, simple et beau.


Obligation de…, par Danielle Masson (blog Jetons l’encre à Saint Maximin la Sainte Baume)
"Une envie folle de ces jeux fous qui n’avaient jamais de fin sauf la faim."
Une photographie passée au crible de la mémoire. Le temps a passé, les souvenirs des gens connus et aimés se sont estompés. Qui est qui. La mémoire s’en est perdue. Et pourtant, elle n’aurait jamais dû. Les morts requièrent de nous ça. Nous souvenir d’eux. Même si c’est peine perdue d’avance, cette fidélité-là fait obligation.

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Marie-Noëlle Bertrand et Eric Schulthess
"Elle a écrit 8 haikus, à découvrir sur CarneDeMarseille. Mon poème a trouvé place sur son blog la dilettante. Voici la lecture à voix haute de ce VaseCo inspiré par 4 mots : En attendant le printemps." (Eric Schulthess, Sons de chaque jour)
"Observateurs du ciel, des oiseaux et des arbres sommes, elle et moi. Des saisons qui passent aussi. Du coup, ce printemps qui s’est pointé à tout petits pas dans nos villes nous a donné envie de parler de lui et de partager un VaseCo." (Eric Schulthess, CarnetDeMarseille)

En attendant le printemps. 8 haïkus, par Marie-Noëlle Bertrand @eclectante (blog la dilettante)
"Transis dans le vent
du printemps, promesse des
timides bourgeons.
"
Un journal du printemps qui se fait attendre, sous forme de 8 haïkus. Une semaine peut-être de temps qui passe, aux alentours de Pâques. En quelques mots, dire le ciel, les animaux, les plantes, et elle au milieu, qui pense, qui sent, qui vit.


En attendant le printemps. Poème, par Eric Schulthess @ESchulthess (site CarnetDeMarseille)
"Chaque rocher m’a parlé de toi
De ton passage parmi les algues et les embruns
La rade s’est offerte
Les vagues se sont tues
J’ai su que tu venais
"
Le printemps est une énigme qui se devine à maints indices, laissés par une saison mutine, qui aime à se cacher pour mieux se révéler. La ville participe de ce jeu, vivante et malicieuse. Un beau poème, qui réussit la gageure d’être mélancolique tout en nous amusant.


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Jérôme Génitron Ruffin et Camille Philibert-Rossignol
INTRO

Wonder-woman, par Jérôme Génitron Ruffin (blog Génitron)
"Sur la table de chevet quelque flacons de verre de type pharmaceutique remplit d’encre jaune et rouges, l’infirmière saisit une pastille d’E173 qu’elle plonge aussitôt dans un verre d’alcool transparent comme de l’eau ... « c’est pour le bleu de son short, elle tient beaucoup a ce qu’il conserve le brillant FCF de Irwin Hasen..."
Jérôme Génitron Ruffin a choisi, pour ses premiers Vases communicants, de s’approprier un personnage cher à Camille Philibert-Rossignol, Wonder Woman. A la façon d’Alan Moore et de ses Watchmen, il nous décrit une super-héroïne sur le déclin, qui, à force de changement d’époque et de c’est plus ce que c’était, ma bonne dame, en a visiblement perdu son latin. Une épopée sénile, qui finit en noeud de boudin croquignolle.


le trou, par Camille Philibert-Rossignol @Kmillephilibert (blog la pelle est au tractopelle ce qu’est la camomille à camille)
"Ce soir là, l’écho d’un claquement de porte qui bat dans le vide et quelque chose t’achève. Un bain brûlant allait détendre ton corps fatigué d’une journée de turbin. Avec de la mousse bleu vif dedans ? Ça peut le faire grave… L’eau mousseuse envahit la baignoire jusqu’à ras, déborde en murmures, tu deviens flaque. Tu épongeras plus tard."
Le trou, ou comment un paisible bain moussant peut tourner en expérience psychanalique intense. Elle prend son bain, quand son corps est aspiré par la bonde. S’en suit un voyage psychédélique, à la façon du film Le voyage fantastique de Richard Fleischer, qui aboutit dans la mer. Ou devrais-je dire, la mère ? De manière hypnotique, ce motif de la noyade en mer revient dans les textes de Camille. La lutte contre les éléments, les volcans, la nature déchaînée. La victoire, à la fin. Mais une victoire amère, qui donne envie de tout casser. Et qui est peut-être illusoire. Où est la réalité ? Où finit le cauchemar ?

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Marie-Christine Grimard et Olivier Savignat
Un échange de photographies sur le thème de l’enfermement.

Enfermement 2/2, par Marie-Christine Grimard @GrimardC (blog Promenades en Ailleurs)
"Au moment du départ, une des pensionnaires manquait à l’appel. Sa voisine de chambre expliqua aux accompagnants qu’elle l’avait vu descendre vers les geôles du château au second sous-sol et qu’elle ne l’avait jamais vue remonter."
Un château, le fantôme qui l’habite, un bijou égaré. Une longue nouvelle fantastique, dans la tradition du roman gothique, qui se lit d’une traite et avec grand plaisir.


Enfermement 1/2. Asile et longueur du jour, par Olivier Savignat @oliviersavignat (blog Sous mes doigts la pluie)
"Mon lit d’enfance s’envole
J’envie l’air qui frémit
Où vais-je vivre à présent ?
"
Des bouts de phrases se répètent et s’inversent. Une litanie se forme. Qui parle de la difficulté de quitter le passé et d’envisager l’avenir. Un homme cloué au sol regarde par sa fenêtre. Le monde bouge. Les étoiles, les oiseaux, mais pas lui. Comment faire pour partir, quand tout vous y oblige, que tout se délite, mais que vous restez, là, à la fenêtre, sans savoir quoi faire ?

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Dominique Hasselmann et Wanatoctouillou
INTRO

Un soir de brume dans Prague, par Dominique Hasselmann @dhasselmann (blog Métronomiques)
"un soir
de brume
dans Prague
où les trottoirs
dézinguent la pluie
Kafka serait passé ici
des réverbères rêvent là
au jour inutile à leurs yeux
"
Une devanture de magasin, sculptée, une femme en bas-relief, sensuelle et offerte aux regards des passants, saisie par Dominique Hasselmann dans un court poème pyramidal. Il y est question de Prague, du soir où apparaît cette femme, où aurait pu aussi passer Kafka. Sa beauté y est touchée du bout des mots. Prête au rêve. Tout comme son nom. Milena.


Les collecteurs de belles aventures, par Wanatoctouillou @Wanatoctouillou (blog Emaux et gemmes des mots que j’aime)
"En cherchant à percer les mystères enfouis sous nos pieds il nous faut imaginer que dans les couloirs les conduits les collecteurs de belles aventures ont lieu."
Sous les rues, les égoûts forment un réseau mystérieux et parallèle, qui a depuis longtemps inspiré les romanciers, ainsi que le rappelle Wana Toctouillou dans ce nouveau poème visuel. Certes, ce réseau existe vraiment, et tout un chacun peut visiter aujourd’hui les catacombes, mais ces souterrains ne sont pas seulement des lieux dont on peut dire qu’ils existent. Des hommes y vivent parfois, par exemple les "mole people" aux Etats-Unis, qui vivent en vase clôt dans de vastes collecteurs d’égoûts. Neil Gaiman a aussi évoqué, sur le mode fantastique, l’éventualité d’un double de notre monde dans son magnifique et hautement recommandable roman Neverwhere. Un thème qui me passionne, comme vous l’aurez deviné, singulièrement. Merci, Wana, de m’avoir fait rêver.

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Stéphane Murat et Rixile
"Nous sommes partis de l’idée de bord de Garonne pour associer textes, photo et son." (Stéphane Murat)
"Nous proposons un échange autour du bord de Garonne. Stéphane est allé trouver la lumière. Il m’a envoyé une photo à partir de laquelle j’ai écrit.
De mon côté, je suis allée écouter et enregistrer le son du fleuve sur lequel Stéphane a composé son texte.
Sur le bord de Garonne, nos pas ne se sont pas croisés. Cet échange est une promenade au bord du fleuve, au fil des mots.
" (Rixile)

Sur un bord de Garonne, par Stéphane Murat (site Notes photographiques)
"Ça sent l’humus, la terre, la glèbe. Une odeur forte de végétation en fermentation monte à mes narines. J’inspire, j’expire. Je me gonfle de l’énergie emportée par la Garonne."
Les saisons passent sur la Garonne. Le fleuve change, mais reste là, sur la promenade quotidienne de cet homme et de son chien. L’amitié de rencontre, l’observation du fleuve, rythment sa vie.


Le saule, par Rixile @Rixilement (blog Rixile)
"Les lignes du saule sont les rides de l’homme
ses ramures content les pensées traversées
"



Un court poème, un enregistrement des bruits du fleuve, et puis la lecture de Rixile. Un saule au bord du fleuve, qui porte le monde. Ou comment la nature se lit à regard d’homme, avec la jolie voix, précise, de Rixile.

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Franck Queyraud et François Vinsot
Un échange sur le thème des encombrements, qui m’a étrangement fait penser à une nouvelle découverte récemment grâce à une collègue, Réflexions d’un hors-la-loi de l’Encombre, par Caio Fernando Abreu (in : recueil Petites épiphanies, Corti, 2000).

Encombrements, par Franck Queyraud @MemoireSilence (blog Flânerie quotidienne)
"Ca commence toujours par un pont. Un endroit à traverser. On ne veut pas rester isolé. On a des fourmis dans la plante des pieds. On saute sur une jambe. On gesticule, se déracine. On marche vite pour faire cesser ce picotement… légèrement désagréable."
Un pont à traverser. Il hésite. Il croit ne pas l’avoir et puis l’avoir traversé. La réalité et le rêve se confondent, et la pensée encombre son esprit, qui oscille entre ici et là, de ce côté et de l’autre du pont. Un beau texte méditatif qui dit que, finalement, le mieux serait peut-être de ne rien faire.


Encombrements, par François Vinsot @francoisVinsot (blog francoisvinsot)
"Tout a commencé avec mes bronches ; j’avais dû prendre un coup de froid dans le dos et puis le mal est remonté lentement jusqu’à m’empêcher de respirer normalement."
Il est encombré. Du moins, ses bronches le sont. De plus en plus. Et il finit à l’hôpital en un rien de temps. Une anecdote courte et efficace, qui finit sur une jolie pirouette.

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Gilles Bertin et Angèle Casanova
"Gilles Bertin, je lui ai donc proposé d’échanger avec moi. Il m’a alors suggéré d’évoquer notre adolescence respective. Je lui ai donné mon accord pour ce projet et lui ai fait lire mon texte Le linge sale. Nous avons convenu de lire le texte de l’autre, afin de flouter notre identité sexuelle." (Angèle Casanova)

Coupure, par Gilles Bertin @gillesbertin (blog Lignes de vie)
"La mousse sur sa peau était le contraire de la maison, le contraire du dehors, le contraire d’avant qu’il ne se saisit de ce rasoir, quelque chose qui n’avait aucun nom s’enfuit sur lui, laissant place à une légèreté mêlée d’une impalpable tension"
Un texte sauvage et ébahi, la découverte de son corps par un jeune adolescent qui se rase pour la première fois. Une langue somptueuse, un texte qui aborde l’adolescence de manière simple et sensitive. Et belle. Merci, Gilles, de m’avoir offert ce si beau cadeau.


cendrillon sans pantoufles, par Angèle Casanova @PoivertGBF (site gadins et bouts de ficelles)
"nulle carapace
nulle
protection
pour me faire croire qu’il y a un obstacle entre moi
et ma vie
"
Joker, je ne fais pas la recension de mon propre texte.


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