<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Gadins et bouts de ficelles</title>
	<link>http://gadinsetboutsdeficelles.net/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?id_mot=346&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Sur sa carte, par Fran&#231;ois Vinsot et Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-francois-vinsot-janvier-2015/article/sur-sa-carte-par-francois-vinsot-et-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-francois-vinsot-janvier-2015/article/sur-sa-carte-par-francois-vinsot-et-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2015-01-01T23:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova, Fran&#231;ois Vinsot</dc:creator>


		<dc:subject>m&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>enfant</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>nouvelle</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Vinsot</dc:subject>
		<dc:subject>cadavre exquis</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;F.V. &#034;Sur sa carte de visite elle avait mis : P&#233;ripat&#233;ticienne&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
A.C. Elle le reconna&#238;t, c'&#233;tait de la provoc. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait se marrer en y pensant, au petit matin, apr&#232;s s'&#234;tre tap&#233; ses douze heures de turbin ! Elle prenait un plaisir fou rien qu'&#224; imaginer toutes ces huiles, bouches pinc&#233;es, sniffer sa carte, &#233;c&#339;ur&#233;es, parce qu'une p&#233;ripat&#233;ticienne, tout de m&#234;me, o&#249; va-t-on, une p&#233;ripat&#233;ticienne, aura eu le front de se proposer pour leur club. Quel sans-g&#234;ne. Quel manque (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-francois-vinsot-janvier-2015/" rel="directory"&gt;&#233;crire avec Fran&#231;ois Vinsot (janvier 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mere" rel="tag"&gt;m&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/enfant" rel="tag"&gt;enfant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/nouvelle" rel="tag"&gt;nouvelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/francois-vinsot" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Vinsot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/cadavre-exquis" rel="tag"&gt;cadavre exquis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/sur_sa_carte_par_angele_casanova.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/jpg/sur_sa_carte_par_angele_casanova.jpg?1420130579' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F.V.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;&lt;i&gt;Sur sa carte de visite elle avait mis : P&#233;ripat&#233;ticienne&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.C.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle le reconna&#238;t, c'&#233;tait de la provoc. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait se marrer en y pensant, au petit matin, apr&#232;s s'&#234;tre tap&#233; ses douze heures de turbin ! Elle prenait un plaisir fou rien qu'&#224; imaginer toutes ces huiles, bouches pinc&#233;es, sniffer sa carte, &#233;c&#339;ur&#233;es, parce qu'une p&#233;ripat&#233;ticienne, tout de m&#234;me, o&#249; va-t-on, une p&#233;ripat&#233;ticienne, aura eu le front de se proposer pour leur club. Quel sans-g&#234;ne. Quel manque total de retenue. Quand on exerce cette profession, on devrait toujours, en toute occasion, faire profil bas, marcher &#224; l'ombre, les yeux baiss&#233;s. D'accord, ces femmes leur rendent un fier service, &#224; se torcher leurs salopards de maris, mais de l&#224; &#224; se gausser de cet office-l&#224;, il y a des limites &#224; la d&#233;cence, et cette fichue bonne femme les aura franchies all&#233;grement. Pensez. Se porter candidate pour le rotary club, au titre des plus gros revenus du village. Certes, en y r&#233;fl&#233;chissant, en songeant aux absences r&#233;guli&#232;res le vendredi soir de leurs chers &#233;poux, elles se disent que leur pognon a fort bien pu finir dans ses porte-jarretelles &#224; elle. Et que donc, elles l'ont dans l'os. Enfin, plus exactement, dans le cul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.V.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah mais je comprends mieux et &#231;a me fait bien rire. Je ne savais pas que sa m&#232;re avait d&#233;j&#224; fait le coup mais maintenant que tu me le dis, &#231;a ne me surprend pas vraiment. Voil&#224; donc d'o&#249; &#231;a vient&#8230; J'ai toujours su qu'elle ne venait pas du s&#233;rail mais ici le s&#233;rail on s'en fout. Personne ne te demande d'o&#249; tu viens tant que tu es capable de faire ton trou &#224; la vitesse de la lumi&#232;re. Et pour les d&#233;placements supersoniques &#231;a elle s'y conna&#238;t. Rien que sur les derniers mois, elle a d&#233;gag&#233; des exc&#233;dents qui sont loin de r&#233;pondre &#224; la situation &#233;conomique du moment mais ils sont bien l&#224; alors que ceux dont c'est le m&#233;tier de savoir comment elle y arrive fassent leur boulot. Et pour le reste...Et puis il y a eu cette carte de visite et on s'est dit qu'elle avait p&#233;t&#233; un plomb, burn out, hara kiri, vol plan&#233; du dernier &#233;tage, appelez le comme vous voulez. Voil&#224; du c&#244;t&#233; des actions montantes. Humour d&#233;cal&#233;, provoc sans cons&#233;quence, preuve de sa reconnaissance absolue genre &#034;Si elle le fait c'est qu'elle peut se le permettre&#034; voil&#224; du c&#244;t&#233; des baisses&#8230; Il y avait m&#234;me ceux qui pensaient qu'elle n'y &#233;tait pour rien. Et comme d'habitude la vraie question c'est de savoir s'il s'agit d'une tendance forte, d'un fr&#233;missement passager, d'une intox, d'une nouvelle strat&#233;gie g&#233;niale que tout le monde comprendra plus tard. On en reparlera c'est s&#251;r. &#034;Oui d'accord, je sais bien que &#231;a tient comme m&#233;taphore, mais quand m&#234;me est ce que ce n'est pas un peu risqu&#233; ?&#034; Ce qui est s&#251;r, c'est qu'elle est devenue invisible depuis vingt quatre heures, pas un seul signe sur la toile, rien dans la garde rapproch&#233;e, &#224; moins que tout le petit monde le garde pour soi. Vingt-quatre heures, une &#233;ternit&#233; ! Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer ? C'est la question officielle. Les r&#233;ponses ne vont pas tarder &#224; pleuvoir comme des m&#233;t&#233;orites aux &#232;res glaciaires, et puis viendra le moment o&#249; l'on commencera &#224; y voir plus clair. Enfin peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.C.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dispara&#238;tre comme &#231;a, d'un coup, apr&#232;s avoir foutu un boxon pareil. Elle en rit, et rit, et rit. C'est bien simple, elle n'a jamais &#233;t&#233; aussi contente d'elle-m&#234;me. Pendant vingt-quatre heures, les bourges ont tourn&#233; en rond dans le village comme dans un bocal, sans jamais oser venir frapper chez elle pour lui demander des comptes. Ils savaient de toute fa&#231;on qu'elle manquait &#224; l'appel. Sa mioche &#233;tait all&#233;e, comme convenu, signaler sa disparition &#224; la police, cachant son hilarit&#233; sous une nervosit&#233; de bon aloi. L'agent qui l'avait accueillie avait tr&#232;s vite fait le rapprochement et lui avait demand&#233; en baillant si sa m&#232;re comptait foutre le bordel encore longtemps, si ce n'&#233;tait pas une strat&#233;gie commerciale pour la publicit&#233; de son petit n&#233;goce. Si elle continuait, ils allaient devoir se r&#233;soudre &#224; s&#233;vir, parce que ma petite dame, depuis Marthe Richard, les maisons closes sont ferm&#233;es. Enfin, plus ferm&#233;es encore qu'avant, c'est bien simple, elles sont cens&#233;es ne plus exister. Alors, nous, on est bien gentils de rien y trouver &#224; redire &#224; votre maman. Bon, d'accord, elle suce bien. Mais de l&#224; &#224; fermer les yeux quand elle agresse la notabilit&#233; du coin &#224; coup de carte de visite&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, quand elle a refait surface, les vieilles peaux &#233;taient furaxes. Leurs maris honteux. Et tout le monde sait bien, elle la premi&#232;re, que la honte m&#232;ne &#224; la baise. Elle les a tous vus venir, la queue entre les jambes, la supplier d'arr&#234;ter tout ce barouf, d'oublier ce projet ridicule, de foutre la paix &#224; bobonne. Et vas-y que je me tra&#238;ne par terre, la t&#234;te au ras du sol, la bouche tremblante. De la valetaille &#224; ma&#238;tresse femme, &#224; en changer de sp&#233;cialit&#233; dare dare. Elle a jou&#233; dans la sobri&#233;t&#233;, a peaufin&#233; ses r&#233;ponses et a r&#233;solument jou&#233; dans le comique de r&#233;p&#233;tition. Le fouet a claqu&#233;, les maris ont band&#233;, m&#234;me les plus d&#233;catis, faut dire que leurs officielles les avaient mandat&#233;s pour aller la supplier et que &#231;a a &#233;moustill&#233; le pauvre petit reste de libido qui mac&#233;rait encore dans leur vieux bide tout mou. Et puis du coup, les billets ont plu sur sa table de chevet, histoire d'enfoncer le clou et de leur rappeler &#224; tous que oui elle a toute sa place au rotary, et que oui elle les emmerde bien profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.V.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Monsieur, Je ne sais pas si votre p&#232;re vous a inform&#233; qu'il avait estim&#233;, en parlant de ma m&#232;re : &#034;C'est une bonne suceuse mais elle fait vraiment chier.&#034; Je vous laisse appr&#233;cier par vous-m&#234;me la complexit&#233; de cette information, v&#233;rifiable si vous le souhaitez, mais le souhaitez-vous vraiment ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma m&#232;re a exerc&#233; sa profession, (je vous assure qu'elle le consid&#233;rait comme un travail permettant d'accoucher de l'argent dont elle avait besoin pour vivre la vie qu'elle estimait devoir &#234;tre la sienne), au noir, et lumi&#232;res tamis&#233;es oui aussi je crois mais l&#224; n'est pas la question. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous et moi nous connaissons bien, pas au sens biblique c'est entendu, mais assez quand m&#234;me pour que nous poss&#233;dions un grand nombre de connaissances communes, n'est-ce pas ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;but de lettre fut &#233;crit si &#224; propos qu'une centaine d'exemplaires, tous &#233;crits de la m&#234;me belle et douce main, n'eurent aucun mal &#224; trouver leurs destinataires et attirer leur attention, tout particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la suite, il suffit de savoir qu'elle &#233;tait convaincante, pr&#233;cise, et qu'elle laissait peu de temps pour se retourner. Il n'aurait plus manqu&#233; que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Pour ceux qui n'auraient pas suivi, mes condol&#233;ances les plus sinc&#232;res, si si j'y tiens. Cela ne doit pas &#234;tre dr&#244;le tous les jours d'&#234;tre un cr&#233;tin. PS &#224; la lettre bien s&#251;r, et pas au texte o&#249; chacun comprendra ce qu'il voudra. Depuis le temps il y a amnistie g&#233;n&#233;rale. Ma m&#232;re est au soleil, surtout vers midi et moi je jubile de ce qu'Internet offre &#224; ceux qui l'osent. Enfin bon, inutile d'en rajouter n'est-ce pas ? Je vous embrasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.C.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, elle l'avait attir&#233;e, leur attention, et pas qu'un peu. Ils allaient y r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois, maintenant, avant de se foutre de sa gueule et de celle de sa fille. Cette flop&#233;e de ventrus, incapables de reconna&#238;tre leurs torts. Parce que, tout de m&#234;me, ces beaux messieurs, l&#224;, porteurs de chtouille et autres joyeuset&#233;s, jamais &#244; grand jamais ils ne se seraient r&#233;solus &#224; porter de capotes. Il para&#238;t que &#231;a g&#226;che le plaisir. Le leur, &#224; coup s&#251;r. Elle, pendant qu'elle rugissait d'excitation, leur frappait le cul ou leur su&#231;ait la bite, elle aurait tout aussi bien pu faire la vaisselle par grand froid, &#231;a ne lui aurait pas fait plus de bien, aux doigts comme ailleurs. Mais bon, fallait bien vivre. Alors, quand elle a compris qu'elle &#233;tait enceinte, elle a un peu remont&#233; le temps. Elle s'&#233;tait fad&#233; une bonne centaine de clients pendant la p&#233;riode incrimin&#233;e. S&#251;re de viser juste au moins une fois, elle leur a envoy&#233; une lettre &#224; chacun, de sa jolie &#233;criture scolaire, histoire de les aviser de l'heureux &#233;v&#233;nement. Et puis elle a attendu leurs r&#233;ponses. Personne ne se bousculant au portillon, elle a d&#251; se r&#233;soudre &#224; aller battre le pav&#233; urbain quelques temps. Dans son patelin, les perspectives d'avenir ne fleurissaient pas des masses. M&#234;me la bectance devenait difficile &#224; d&#233;goter. Oblig&#233;e d'aller tapiner dans des h&#244;tels, &#224; l'ancienne, quelle gal&#232;re. Et puis, quand elle a mis bas, ce fut de nouveau le d&#233;fil&#233;. Ils voulaient tous voir le mouflet, histoire de v&#233;rifier que ce n'&#233;tait pas le leur. Ils arrivaient, inquiets, tendus. Certains repartaient victorieux, genre, je vous l'avais bien dit, d'autres compl&#232;tement paniqu&#233;s. Le b&#233;b&#233; a la t&#234;te ronde. Le b&#233;b&#233; a trois poils noirs sur le caillou. Le b&#233;b&#233; n'est pas noir. Le b&#233;b&#233; le b&#233;b&#233; le b&#233;b&#233;. Bref, tout le monde en parlait, de sa m&#244;me. Un vrai enfant star. Aux anniversaires, elle ne manquait jamais de cadeaux. Et puis des enveloppes par-ci, par-l&#224;, histoire de les faire taire, on ne sait jamais, que des fois elles aillent un jour frapper &#224; leur porte pour en causer &#224; leur bourgeoise. Les ann&#233;es ont fil&#233; &#224; ce train-l&#224;. Mais les &#233;tudes de sa fille n'allaient pas se payer &#224; coup de petites enveloppes du dimanche. Il fallait tenter le coup, les forcer &#224; mettre la main au portefeuille grandeur nature. Alors, apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, elle se d&#233;cida, comme &#231;a, apr&#232;s une dure journ&#233;e de travail, &#224; envoyer au club f&#233;minin du rotary sa charmante carte de visite, joliment agr&#233;ment&#233;e d'une bordure fantaisie pour prostitu&#233;e grand style &#8211; comprenez bord&#233;e d'une flop&#233;e de culs et de nibards en guirlande. Histoire de voir comment allaient d&#233;janter les supput&#233;s paternels de sa fifille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.V.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux femmes devant un verre de chablis. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Tu n'&#233;tais pas oblig&#233;e de le faire, tu sais.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Oui, c'est bien pour cela que je me suis autant amus&#233;e ; ils nous devaient bien &#231;a.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Que comptes-tu faire maintenant ? Tu la joues Napol&#233;on ou bien tu es vraiment maline ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Voil&#224; des billets d'avion. La destination te dira tout ce que tu veux savoir.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nairobi, quelle dr&#244;le d'id&#233;e, qui est-ce que tu as trouv&#233; pour t'accompagner l&#224;-bas ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une &#233;quipe m'attend mais j'ai besoin d'une femme qui sache de quoi elle parle. L&#224;-bas elles meurent comme des mouches et les suppl&#233;ments sans capote suffisent &#224; peine &#224; fleurir leurs tombes le premier mois.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On part quand ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Ce sont des billets open mais on part d&#232;s que l'on peut. Assez perdu de temps comme &#231;a.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Gar&#231;on, une autre bouteille de chablis.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La derni&#232;re pour la route ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;J'aime quand tu es folle.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Je crois que je tiens de ma m&#232;re.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux femmes ensemble : &#034;&#192; nous.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Vinsot&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Ang&#232;le Casanova&lt;/strong&gt; (texte)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ang&#232;le Casanova&lt;/strong&gt; (photographie)&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;450&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;no&#034; src=&#034;https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/184439897&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;visual=true&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 3 octobre 2014 &#224; minuit, par Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-3-octobre-2014-a-minuit-par-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-3-octobre-2014-a-minuit-par-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2014-10-02T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>violence</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>graffiti</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;cile Benoist</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me promenais &#224; Belleville quand je suis tomb&#233;e sur ce mur. Je lui ai trouv&#233; un petit air de ressemblance avec vous.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/" rel="directory"&gt;ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/violence" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/graffiti" rel="tag"&gt;graffiti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/cecile-benoist" rel="tag"&gt;C&#233;cile Benoist&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me promenais &#224; Belleville quand je suis tomb&#233;e sur ce mur. Je lui ai trouv&#233; un petit air de ressemblance avec vous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/png/la_goulette_par_angele_casanova.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/IMG/png/la_goulette_par_angele_casanova.png?1420131307' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les mains appos&#233;es dans un coin, ce sont celles de l'&#233;crivain. De la prostitu&#233;e qui astique les bites. D&#233;licates. Habiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom affich&#233; tout en haut, la Goulette, hommage &#224; une ville tunisienne, me ram&#232;ne vers vous. Comme le ressac. Il me fait traverser la M&#233;diterran&#233;e en votre compagnie. Vous qui avez vou&#233; une passion d&#233;vorante, destructrice, &#224; un gigolo tunisien. Ivrogne. Qui vous tabassait. Vous su&#231;ait la moelle. Et vous a pratiquement tu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La goulette, c'est aussi le gosier. La gorge. La boisson. Boire au goulot. A petites gorg&#233;es. Savourer. Le vin. Dont seule la maladie a pu vous d&#233;go&#251;ter. Vous qui avez pass&#233; vos derniers mois &#224; jeun. Nourrie par intraveineuse. La bouche s&#232;che. Le ventre creux. A r&#234;ver d'un petit verre. D'une c&#244;telette d&#233;goulinante de jus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis cette fresque. Surmont&#233;e d'un tout petit panonceau. Ab&#238;m&#233;. D&#233;bord&#233; de toute part. D&#233;fense d'afficher. On le voit &#224; peine. Petite touche de rouge au milieu d'un oc&#233;an. D&#233;cha&#238;n&#233;. Vagues hurlantes. Ray&#233;es. Psych&#233;d&#233;liques. De papier. Qui couvrent le mur sur toute sa hauteur. Jusqu'&#224; la Goulette. Jusqu'aux mains tendues. De prostitu&#233;e. D'&#233;crivain. Ces vagues hurlantes. Ces mains. Comme une noyade. En direct. Vous. Vous. Noyez. Votre gorge. Votre poitrine. Se noie. Sous les humeurs. Les excr&#233;tions. Le cancer. S'&#233;chappe de vous. A grosses gerbes de vomi. Vous br&#251;le la gorge. Et pourtant. Vous faites fi. De tout. De la mort. Des interdictions. D'afficher. De montrer. Les tripes &#224; l'air. Vous ne savez pas vivre autrement. Que comme &#231;a. Les tripes &#224; l'air. Malgr&#233; la d&#233;fense. Les barri&#232;res que la soci&#233;t&#233; met. Entre les gens. Et leur corps. Leurs d&#233;sirs. D&#233;fense d'afficher. De montrer. &#199;a vous fait rire. A gorge d&#233;ploy&#233;e. Alors les vagues de votre indignation viennent l&#233;cher. Voluptueusement. Rageusement. Le panneau. L'interdiction. Pour faire la nique. Aux bien-pensants. A ceux qui dictent la loi. L'impose. Et sont pourtant. D&#233;pass&#233;s. D&#232;s qu'un esprit libre. Tel que vous. Surgit. Et vient tout d&#233;vaster. Leurs pr&#233;jug&#233;s. Leurs croyances. Leurs valeurs. Juste pour &#231;a. Rien que pour &#231;a. La d&#233;vastation. La r&#233;alisation. De cet id&#233;al. Le vide. La r&#233;volte. La libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous embrasse, ma tr&#232;s ch&#232;re amie, que votre sauvagerie soit mienne. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ang&#232;le Casanova&lt;/strong&gt; (texte et photographie)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte initialement publi&#233; &lt;a href=&#034;https://litteraturesauvage.wordpress.com/2014/10/02/vaseco-9-lettres-sauvages-avec-angele-casanova/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 2 octobre 2014 &#224; 23 heures, par Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-2-octobre-2014-a-23-heures-par-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-2-octobre-2014-a-23-heures-par-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2014-10-02T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>maladie</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>Eric Schulthess</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc Hennig</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Veyri&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque vous comprenez que vous allez mourir, vous renouez avec Jean-Luc Hennig. Pour vous, la mort est un livre. Elle prend la forme d'un livre. Parce que ne me racontez pas n'importe quoi.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/" rel="directory"&gt;ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/maladie" rel="tag"&gt;maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/eric-schulthess" rel="tag"&gt;Eric Schulthess&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/jean-luc-hennig" rel="tag"&gt;Jean-Luc Hennig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/nadia-veyrie" rel="tag"&gt;Nadia Veyri&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous comprenez que vous allez mourir, vous renouez avec Jean-Luc Hennig. Pour vous, la mort est un livre. Elle prend la forme d'un livre. Parce que ne me racontez pas n'importe quoi. Je ne vois nul hasard dans le souhait que vous &#233;mettez, apr&#232;s des ann&#233;es de silence, de reprendre une correspondance r&#233;guli&#232;re avec celui qui vous a aid&#233; &#224; accoucher de La passe imaginaire. Non. La seule raison plausible que je vois &#224; &#231;a. Cette demande. C'est que vous savez. D&#232;s 2003. Que c'est la fin. Que ce cancer. Il aura votre peau. Alors. Sans rien dire. Vous continuez &#224; vivre. A vous battre. Mais au fond. Vous savez. Vous &#233;crivez comme on se jette &#224; l'eau. Vous &#233;crivez comme vous avez v&#233;cu. Sans faire la moindre concession. Sans rien taire. Si ce n'est. &#199;a. Ce secret. Que vous savez. Tout. La mort. L&#224;. Au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, j'ai lu un court opuscule, &lt;i&gt;Fin de la vie, soci&#233;t&#233; et souffrances&lt;/i&gt;. L'auteur, Nadia Veyri&#233;, se demande quand commence la mort. Elle &#233;met une hypoth&#232;se int&#233;ressante. La mort commence le jour o&#249; le malade se rend compte qu'on parle de lui au pass&#233;. Comme s'il &#233;tait d&#233;j&#224; mort. On pourrait m&#234;me dire que la mort commence. Le jour o&#249;, sans que cela se voit, sans que l'int&#233;ress&#233; le devine, les autres commencent &#224; le consid&#233;rer comme condamn&#233;. Le jour o&#249; cette certitude de sa mort &#224; venir s'insinue dans leur t&#234;te &#224; eux. Dans leur regard. Dans leur mani&#232;re d'&#233;viter le sien. De regarder ailleurs quand il parle de projets d'avenir. Du retour &#224; la maison. Du prochain No&#235;l du petit. Mais je m'&#233;gare. Je parle de moi. C'est vrai. Ce moment, je l'ai v&#233;cu. Dans ma chair. J'ai &#233;t&#233; celle qui condamne. Ce fut une &#339;uvre collective. Nous nous y sommes tous mis. A parler de lui &#224; la troisi&#232;me personne en sa pr&#233;sence. Quand son esprit vagabondait du mur au ciel. Quand il demandait ses bonbons La Vosgienne. Alors je l'ai condamn&#233;. En paroles. Et puis. Au fur et &#224; mesure des &#233;v&#233;nements. Op&#233;ration. Chimioth&#233;rapie. Radioth&#233;rapie. Cerveau comprim&#233;. T&#234;te gonfl&#233;e. Danger de mort. R&#233;missions passag&#232;res. Je l'ai condamn&#233;. R&#233;ellement. J'ai souhait&#233;. Qu'il parte. Doucement. Au milieu des siens. Au soleil de midi. Son petit-fils jouant sur ses genoux. J'ai souhait&#233;. &#199;a. Cette mort. Avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avoir condamn&#233;. &#199;a restera. En moi. Pour toujours. Une trace. Un sillon. Qui me creuse. Me taillade. Met la mort au c&#339;ur de ma vie. Parce que quand on condamne un &#234;tre vivant. Quand on rend sa mort in&#233;luctable. Le doute subsiste. Quelque part. Et si. Je ne l'avais pas condamn&#233;. Et si. Cela avait chang&#233; quelque chose. Pourtant je sais. Pertinemment. Qu'il ne pouvait pas &#234;tre sauv&#233;. Que sa tumeur &#233;tait mortelle &#224; cent pour cent. Qu'on n'en gu&#233;rit pas. De cette forme-l&#224;. Sp&#233;cifique. De tumeur. Rare. Infaillible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et vous. Ma ch&#232;re Gris&#233;lidis. Quand. Quand avez-vous compris. Qui vous a fait comprendre. Que la guerre &#233;tait perdue d'avance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre l'avez-vous toujours su. Votre cancer au ventre ressemblait tant &#224; celui de votre m&#232;re. Votre m&#232;re. Morte. Ventre ouvert. Pourri. Sous vos yeux impuissants. Dans la souffrance la plus terrible. Alors. Votre cancer. Le m&#234;me. N'a pu. Que faire &#233;cho. Au sien. Et vous emporter dans des ab&#238;mes de terreur. Alors dites-moi si je me trompe. Mais je crois. Que si quelqu'un vous a condamn&#233;e. A la mort. En faisant comme si vous &#233;tiez d&#233;j&#224; morte. C'est vous. C'est vous qui avez contact&#233; Jean-Luc Hennig. C'est vous qui avez, ce faisant, constat&#233; l'imminence de votre mort. Et la n&#233;cessit&#233; qu'elle prenne la forme d'un livre. Un livre souffrant. A l'image de votre corps. Mais un livre. Qui t&#233;moigne. Qui reste. Apr&#232;s la disparition de votre propre corps. De votre identit&#233;. Alors ce livre. A la fois. Vous condamne. Dans l'instant-m&#234;me o&#249; vous en faites le projet. Et vous sauve. En vous donnant acc&#232;s &#224; un autre plan d'existence. En justifiant vos souffrances par cet aboutissement. Ce livre. Qui parle de ce que c'est que finir sa vie. De ce que c'est qu'&#234;tre malade du cancer. La longueur que &#231;a a. Ce temps. Entre deux. O&#249; il ne vous est plus possible de jouir de la vie. De manger. De boire. De rire. De baiser. Comme avant. Et que vous &#234;tes pourtant oblig&#233;e de vivre. Vous qui &#234;tes toujours l&#224;. Vivante. Sensitive. A l'exc&#232;s. A fleur de peau. Humant la vie. La go&#251;tant. Vous enivrant de la moindre odeur. De la beaut&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vous. La mort. Et la vie. S'entrelacent. Dansent leur danse macabre. Sans fin. Jusqu'au dernier instant. Que je n'ai pas v&#233;cu avec vous. Puisque le livre s'arr&#234;te quelques jours avant votre mort. Et qu'apr&#232;s, vous n'&#233;crivez plus. Nous ne savons plus de vous que ce qu'en dit Jean-Luc Hennig. Un discours indirect qui sonne faux. Qui nous montre bien qu'au fond. Vous &#234;tes d&#233;j&#224; morte. Que la mort pour vous n'a rien de la mort physique. Que vous &#233;tiez d&#233;j&#224; morte quand vous avez d&#233;cid&#233; d'&#233;crire ce livre. Et que vous &#234;tes vraiment morte. Par l'esprit. Quand vous avez cess&#233; d'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ch&#232;re Gris&#233;lidis, en moi, vous vivez. En moi, vous vivez. A bient&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Texte initialement publi&#233; &lt;a href=&#034;http://carnetdemarseille.com/les-vasescommuniquants/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Belfort, le 2 octobre 2014 &#224; 23 heures, par Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-eric-schulthess-octobre-2014/article/belfort-le-2-octobre-2014-a-23-heures-par-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-eric-schulthess-octobre-2014/article/belfort-le-2-octobre-2014-a-23-heures-par-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2014-10-02T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>maladie</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>Eric Schulthess</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc Hennig</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Veyri&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque vous comprenez que vous allez mourir, vous renouez avec Jean-Luc Hennig. Pour vous, la mort est un livre. Elle prend la forme d'un livre. Parce que ne me racontez pas n'importe quoi.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-eric-schulthess-octobre-2014/" rel="directory"&gt;&#233;crire avec Eric Schulthess (octobre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/maladie" rel="tag"&gt;maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/eric-schulthess" rel="tag"&gt;Eric Schulthess&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/jean-luc-hennig" rel="tag"&gt;Jean-Luc Hennig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/nadia-veyrie" rel="tag"&gt;Nadia Veyri&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour lire mon texte, allez &lt;a href=&#034;http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?article282&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 3 octobre 2014 &#224; minuit, par Ang&#232;le Casanova</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-cecile-benoist-octobre-2014/article/belfort-le-3-octobre-2014-a-minuit-par-angele-casanova</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-cecile-benoist-octobre-2014/article/belfort-le-3-octobre-2014-a-minuit-par-angele-casanova</guid>
		<dc:date>2014-10-02T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>violence</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>graffiti</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;cile Benoist</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me promenais &#224; Belleville quand je suis tomb&#233;e sur ce mur. Je lui ai trouv&#233; un petit air de ressemblance avec vous.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/ecrire-avec-les-autres/vases-communicants/participation-aux-vases-communicants-aout-2012/ecrire-avec-cecile-benoist-octobre-2014/" rel="directory"&gt;&#233;crire avec C&#233;cile Benoist (octobre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/violence" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/graffiti" rel="tag"&gt;graffiti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/cecile-benoist" rel="tag"&gt;C&#233;cile Benoist&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour lire mon texte, allez &lt;a href=&#034;http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?article281&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 25 septembre 2014</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-25-septembre-2014</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-25-septembre-2014</guid>
		<dc:date>2014-09-25T17:34:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>Belfort</dc:subject>
		<dc:subject>olo&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>deuil</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>lecteur</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais confortablement install&#233;e dans la salle d'attente des imp&#244;ts quand j'ai tourn&#233; la derni&#232;re page de votre dernier livre. En le refermant, j'ai eu l'impression terriblement poignante de vous quitter pour toujours.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/" rel="directory"&gt;ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/belfort" rel="tag"&gt;Belfort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/oloe" rel="tag"&gt;olo&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mere" rel="tag"&gt;m&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/deuil" rel="tag"&gt;deuil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/lecteur" rel="tag"&gt;lecteur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/amour" rel="tag"&gt;amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais confortablement install&#233;e dans la salle d'attente des imp&#244;ts quand j'ai tourn&#233; la derni&#232;re page de votre dernier livre. En le refermant, j'ai eu l'impression terriblement poignante de vous quitter pour toujours. De vous tuer. Des larmes ont commenc&#233; &#224; perler au bord de mes yeux. Je les ai rapidement essuy&#233;es. J'aurais eu l'air malin si, d'aventure, j'&#233;tais entr&#233;e en pleurs dans le bureau de l'inspecteur. Il est d&#233;j&#224; suffisamment p&#233;nible de devoir subir les foudres de l'administration parce qu'on a commis l'erreur gravissime de changer de r&#233;gion d'habitation. Alors. Risquer de passer pour une folle hyst&#233;rique sans aucune ma&#238;trise de ses &#233;motions. Autant m'en passer. J'ai donc discr&#232;tement essuy&#233; mes larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc Hennig a gliss&#233;, &#224; la fin des &lt;i&gt;Sphinx&lt;/i&gt;, votre po&#232;me &#171; Mort d'une putain &#187;, &#233;crit le 16 mai 2005. Et bien, avec ce po&#232;me, vous avez encore trouv&#233; le moyen de me surprendre, apr&#232;s ces plus de mille pages de vie partag&#233;e. Vos derniers mots. M'ont retourn&#233; l'esprit. Une acc&#233;l&#233;ration mentale s'est produite en moi. Tout s'est repositionn&#233;. Dans une perspective nouvelle. Insoup&#231;onn&#233;e. Vous commencez par y d&#233;tailler vos souhaits post mortem. Etre couch&#233;e nue dans votre cercueil. Sans maquillage. Simple. Pure. Sans scories du monde d'avant. Vous qui avez, toute votre vie durant, fustig&#233; la frigidit&#233; due &#224; l'&#233;ducation des femmes de votre temps, rigol&#233; &#224; gorge d&#233;ploy&#233;e de leurs aspiration &#224; la chastet&#233;, vous semblez, en ces derniers jours, changer votre fusil d'&#233;paule. Etrangement. Pr&#244;ner un retour &#224; la puret&#233; apr&#232;s une vie vou&#233;e &#224; la satisfaction sexuelle des hommes. Et pourtant non. A bien y r&#233;fl&#233;chir. Il n'y a pas contradiction. La puret&#233; que vous &#233;voquez pourrait &#234;tre une tentative de retour &#224; l'innocence f&#339;tale. Parce qu'&#224; la toute fin de votre po&#232;me, vous parlez de votre m&#232;re. Vous lui dites. Tout simplement. Sans fioritures. Ce grand myst&#232;re. Que vous l'aimez. Que vous l'avez toujours aim&#233;e. Et regrett&#233;e. Que vous &#234;tes pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'elle sans parvenir &#224; la toucher. A &#234;tre v&#233;ritablement avec elle. Qui repr&#233;sentait l'arch&#233;type de la femme suisse bien-pensante. Celle que vous avez pass&#233; votre vie &#224; critiquer. Et pour cause. La femme suisse, c'est votre m&#232;re. Vous aimiez la ha&#239;r. Pour ce qu'elle vous avait inculqu&#233;. Pour la frigidit&#233; qui a d&#233;truit votre mariage. Et vous a conduit au d&#233;nuement. A la prostitution. Parce que, malgr&#233; le raccourci que cela repr&#233;sente, la r&#233;alit&#233; est bien l&#224;. Vous en aviez pleinement conscience. Les &#233;v&#233;nements de votre vie. Les d&#233;veines. Les coups du sort. Se sont succ&#233;d&#233;s. Encha&#238;n&#233;s. Comme des morceaux de sucre s'&#233;croulant les uns apr&#232;s les autres. Comme les pi&#232;ces d'un puzzle s'embo&#238;tent. S'ajustent. Parfaitement. Selon un plan pr&#233;&#233;tabli. Alors. Oui. Votre &#233;ducation. Et votre m&#232;re. Sont bien &#224; la racine de tout. Coupables de tout. M&#234;me si vous ne regrettez pas d'avoir v&#233;cu en prostitu&#233;e, m&#234;me si vous assumez ce destin, le portez comme une croix jusqu'au masochisme, tout se r&#233;sume &#224; &#231;a. C'est la faute de votre m&#232;re. Et pourtant. Vous l'aimiez. De toutes vos forces haineuses. De toute votre r&#233;volte exalt&#233;e. Vous l'aimiez. Et, aux portes de la mort, vous le lui dites enfin. Du bout des l&#232;vres. A la toute fin de ce po&#232;me qui prend la forme d'une &#233;pitaphe qui, mieux que les lettres dor&#233;es que vous souhaitiez appliquer sur votre pierre tombale, PROSTITUEE, disent qui vous &#234;tes. Toute la complexit&#233; de cette femme qui meurt, l&#224;, au printemps 2005. Un an et 4 mois avant la mort de ma propre m&#232;re. Que j'aimais aussi. A qui je ne l'ai jamais dit. Qui est morte avant que j'aie eu la moindre chance de le lui dire. Qui &#233;tait folle. Artiste. Maudite. Qui vous ressemblait un peu. J'en suis s&#251;re. Qui est morte. Et que je suis aujourd'hui capable de reconna&#238;tre pour ce qu'elle fut. Ma m&#232;re. Mon idole. L'artiste que je deviens tous les jours. La d&#233;passant elle. Qui ne r&#233;ussit jamais &#224; assumer sa cr&#233;ativit&#233;. Par manque de temps. Par timidit&#233;. Parce qu'elle n'avait pas l'&#233;ducation. L'art et la mani&#232;re. Que moi j'ai. Gr&#226;ce &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma ch&#232;re Gris&#233;lidis, peut-&#234;tre sommes-nous s&#339;urs en cette souffrance. Peut-&#234;tre sommes-nous m&#232;re et fille &#233;galement. Vous &#234;tes celle que j'aimerais &#234;tre. Vous &#234;tes semblable &#224; moi. Et vous &#234;tes cette m&#232;re artiste que la mienne aurait pu &#234;tre. Mais n'a pas os&#233;. Vous me gu&#233;rissez donc. Continuez. Par-del&#224; la tombe. L'inconnu. A m'inspirer. Merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la nuit vous soit douce, amiti&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 22 septembre 2014</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-22-septembre-2014</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-22-septembre-2014</guid>
		<dc:date>2014-09-22T20:22:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>Belfort</dc:subject>
		<dc:subject>olo&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>violence</dc:subject>
		<dc:subject>mythe</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense singuli&#232;rement &#224; vous, ces jours-ci. C'est bien simple, vous m'habitez. Litt&#233;ralement. Tout me parle de vous.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/" rel="directory"&gt;ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/belfort" rel="tag"&gt;Belfort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/oloe" rel="tag"&gt;olo&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/revolte" rel="tag"&gt;r&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/violence" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mythe" rel="tag"&gt;mythe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense singuli&#232;rement &#224; vous, ces jours-ci. C'est bien simple, vous m'habitez. Litt&#233;ralement. Tout me parle de vous. Le soleil. Les fleurs. Le th&#233; que je lape doucement. En lisant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, je me suis assise sur le rebord du buffet de la cuisine, pour discuter toute &#224; mon aise avec mon amoureux. Et nous avons &#233;voqu&#233; la figure d'Antigone. Vous ai-je dit que nous &#233;crivons ensemble ? Ces temps-ci, nous flirtons avec les mythes. Nous les transposons dans la soci&#233;t&#233; contemporaine. Le polar se pr&#234;te bien &#224; la d&#233;marche. Mon homme est po&#232;te. Il &#233;crit des ha&#239;kus, et s'ing&#233;nie &#224; saisir l'essence des mythes, &#224; les rendre pr&#233;sents avec ces quelques mots &#224; peine &#233;bauch&#233;s. Une merveille d'orf&#232;vrerie. Mes mani&#232;res &#224; moi, comme vous le savez, sont bien plus brutales. Je ne donne pas dans la finesse. Le sang. La violence. Je ne les expulse. Les lib&#232;re que dans l'&#233;criture. Joviale, d'apparence insouciante dans la vie, je m'empourpre. M'emporte. D&#232;s que j'entre en &#233;criture. Mais revenons &#224; nos moutons. Tout comme vous, j'aime &#224; m'&#233;garer en digressions sans fin qui, certes, rendent la discussion plaisante, mais perdent quelque peu mes interlocuteurs. Donc, Antigone. J'ai &#233;crit un texte sur elle il y a quelques mois. Un des tous premiers de ma s&#233;rie. Mon amoureux, lui, l'a mise en sc&#232;ne dans un bel ha&#239;ku, et a d&#233;cid&#233; de lui consacrer une nouvelle. Nous parlions donc d'Antigone, dans notre cuisine, ce matin. De son enfance aupr&#232;s de son p&#232;re &#338;dipe. De son h&#233;ro&#239;sme. Du fait qu'elle s'est ent&#234;t&#233;e. Jusqu'&#224; la mort. A rester fid&#232;le &#224; sa conception de la justice. En persistant dans cette tentative sans cesse r&#233;it&#233;r&#233;e. Malgr&#233; l'&#233;chec. Le danger. De recouvrir les restes de son fr&#232;re. Afin de leur accorder une s&#233;pulture. Alors que la loi le lui interdit. Une loi inique qu'elle refuse de tout son &#234;tre. Parce qu'elle sait. Que cette loi ne correspond pas &#224; la loi divine. A l'ordre des choses. A la nature. Qui veut que l'on ne laisse pas les gens qu'on aime. Sa famille. Sans s&#233;pulture. Alors. Malgr&#233; le danger. Malgr&#233; la mort qui la menace. Elle court &#224; d&#233;couvert. Elle traverse le no man's land devant les murailles. Expos&#233;e aux yeux de tous. De son oncle Cr&#233;on. Elle court. Elle s'agenouille devant la d&#233;pouille puante de Polynice. Elle prend une poign&#233;e de terre. Et elle la lance. Quand les soldats arrivent dans son dos. L'attrapent sous les &#233;paules. Et la tirent en arri&#232;re. Elle hurle. Des impr&#233;cations d'une violence inou&#239;e. Contre eux. Contre le roi. Contre le monde entier. Contre les dieux. Qui permettent de telles choses. Elle l&#232;ve le poing au ciel. Elle les maudit. Elle nous maudit tous. Nous. Les l&#226;ches. Qui acceptons l'ordre &#233;tabli. Les cha&#238;nes que notre s&#233;curit&#233;. La garantie d'avoir &#224; manger. De survivre. Nous imposent. Quand pourtant nous savons. Oui. Nous savons. Que d'autres souffrent. Au m&#234;me moment. Que nous nous repaissons. De la viande. Du vin. G&#233;n&#233;reusement fournis par cette soci&#233;t&#233;. Qui nous engraisse. Et qui tue. Pourtant. En sourdine. Des gens innocents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors. Antigone. L&#232;ve. Le. Poing. Et elle nous rach&#232;te. Mieux que le Christ en croix ne l'aura jamais fait. La souffrance ne rach&#232;te rien. N'excuse rien. La col&#232;re oui. La r&#233;volte. Alors. Merde. Oui. Antigone. C'est vous. Vous &#234;tes peut-&#234;tre un peu la Petite sir&#232;ne. Un peu la Ch&#232;vre de Monsieur Seguin. Comme vous l'&#233;criviez &#224; Jean-Luc Hennig, quelques jours avant votre mort. Mais pour moi. D&#233;finitivement. Vous &#234;tes Antigone. Ou plut&#244;t. Antigone. C'est vous. Celle qui lutte contre l'ordre des choses quand il est inique. Alors que tout lui dit de ne pas le faire. Sa s&#233;curit&#233; physique et psychique. Sa sant&#233; vacillante. Sa vocation d'&#233;crivain. Quand tout lui dit de ne plus penser qu'&#224; elle. Non. Antigone. Elle. L&#232;ve le poing. Et y met toutes ses forces. Ses ultimes forces. Avant le tombeau. Vous. Gris&#233;lidis. Etes mon Antigone. Mon mod&#232;le. Et &#224; mon tour je l&#232;ve le poing. Timidement. En pensant &#224; vous. Je l&#232;ve le poing. Votre visage au fond des yeux. Votre voix dans ma t&#234;te. Je l&#232;ve le poing. Vous n'&#234;tes pas morte. J'en suis la preuve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonne nuit, ch&#232;re Gris&#233;lidis, &#224; bient&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belfort, le 20 septembre 2014</title>
		<link>http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-20-septembre-2014</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/article/belfort-le-20-septembre-2014</guid>
		<dc:date>2014-09-20T18:01:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ang&#232;le Casanova</dc:creator>


		<dc:subject>olo&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>lecteur</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>maladie</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Gris&#233;lidis R&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>correspondance</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vis avec vous depuis un mois. Je vous d&#233;couvre. Livre apr&#232;s livre. Je plonge au c&#339;ur de votre vie, qui &#233;claire la mienne. D'une lumi&#232;re in&#233;dite.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/series/chere-griselidis-real/" rel="directory"&gt;ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/oloe" rel="tag"&gt;olo&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/lecteur" rel="tag"&gt;lecteur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/maladie" rel="tag"&gt;maladie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/vases-communicants" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/griselidis-real" rel="tag"&gt;Gris&#233;lidis R&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/correspondance" rel="tag"&gt;correspondance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/mot/prostituee" rel="tag"&gt;prostitu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Gris&#233;lidis R&#233;al,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vis avec vous depuis un mois. Je vous d&#233;couvre. Livre apr&#232;s livre. Je plonge au c&#339;ur de votre vie, qui &#233;claire la mienne. D'une lumi&#232;re in&#233;dite. Je picore vos lettres &#224; dose hom&#233;opathique. Je ris. Je pleure. Je m'indigne avec vous. Je souffre aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit est en train de tomber. Il est un peu plus de 19h. Et l'envie irr&#233;pressible de vous &#233;crire, unilat&#233;ralement, m'a saisie. L&#224;. Assise sur mon canap&#233;. Quand mon petit gar&#231;on, en passant, l'air de rien, a donn&#233; un bisou humide &#224; la couverture de votre recueil, &lt;i&gt;Les Sphinx&lt;/i&gt;. Le r&#233;cit de votre lutte sans merci contre le cancer. Une lutte qui me touche. Puisque je n'ai pas su ce que ressentait mon p&#232;re. Alors qu'il perdait la t&#234;te. Lui. Le terrien. Le bricoleur habile. L'ouvrier abreuv&#233; de t&#233;l&#233;vision. Qui ne lisait jamais. Qu'avait-il &#224; l'esprit. Au moment-m&#234;me o&#249; il le perdait. Quand s'est-il rendu compte qu'il le perdait. Je l'ignore. Je sais exactement. Pourtant. Quand il a compris qu'il allait mourir. Puisqu'il l'a appris de ma bouche. Que ce sont mes mots. Qui l'ont assomm&#233;. Ch&#232;re Gris&#233;lidis, le cancer est parti de la peau de votre ventre. Vous avez r&#233;sist&#233; h&#233;ro&#239;quement &#224; l'envie de vous assommer de m&#233;dicaments anti-douleur. Vous l'avez v&#233;cu, votre cancer. Dans toute son ampleur. Dans votre chair lucide. Alors, avec vous, je d&#233;couvre ce continent cach&#233;. Cette souffrance. Inou&#239;e. Qui fait devenir votre corps autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous lis en buvant un petit kir en l'honneur de vous. De votre pr&#233;dilection pour le rouge. De la mal&#233;diction que c'&#233;tait quand vous &#233;tiez prostitu&#233;e et que les cystites vous laissaient pantelantes de douleur sous les coups de butoir des bites sans vergogne. Je bois &#224; petites gorg&#233;es en pensant &#224; vous. A ce que vous &#234;tes en train de devenir pour moi. Qui suis n&#233;e &#224; l'&#233;criture apr&#232;s votre mort. Qui suis n&#233;e &#224; l'&#233;criture apr&#232;s la mort de ma m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors un projet se dessine dans mon esprit &#233;mu. Par vous. Dont j'ai d&#233;couvert la voix un peu nasillarde, les yeux profonds comme des puits, la beaut&#233; sauvage, dans des vid&#233;os d'entretiens. J'ai envie de vous &#233;crire. De vous aimer. Comme vous avez su aimer vos correspondants. Leur dire vos secrets les plus intimes. Leur parler de votre m&#233;tier. Sans rien en cacher. Entomologiste de vous-m&#234;me, vous me touchez. Indiciblement. Aussi, par-del&#224; la mort, je d&#233;cide. De vous &#233;crire. A corps perdu. A mots perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous embrasse, amiti&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
