Lui : Allez, on fait un pont !
Moi : D’accord, on fait un pont. On monte.
petits bouts de vie
Un carnet de création au jour le jour. Je m’y frotte à ma vie. Aux gens qui m’entourent. A rien parfois. Vous y trouverez des textes isolés. Qui n’entrent dans aucun courant de pensée interne. Aucune logique sous-jacente, aucune série. Ecrits avec personne. Surgis de mon quotidien. Ils parlent de moi. Mais peut-être vous y reconnaitrez-vous un peu. Si c’est le cas. Dites-le moi. Laissez un petit caillou derrière vous. Trace de votre passage.
Derniers textes publiés :
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(faire un pont / jeux de) construction,
dans
petits bouts de vie,
le
5 juillet 2012
Lui : Allez, on fait un pont ! Moi : D’accord, on fait un pont. On monte. Nous nous levons du canapé. Mes sandales claquettent, ses chaussons dérapent. Sa main se glisse dans la mienne. Mon corps se penche comme un auvent au-dessus de sa tête. Je presse consciencieusement sa main, et nous montons l’escalier cahin caha. Deux ou trois pertes d’équilibre plus loin, au (…)
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au carrefour. Pimodan / Barbusse,
dans
petits bouts de vie,
le
4 juillet 2012
Le matin, je traverse la rue. Juste devant ce camion, garé tout au coin. Je joue un peu à la roulette, j'écoute, je tends la tête, je vérifie que la voie est libre, et très vite, je traverse. Les jours passent, le camion reste. Il attire mon regard. De plus en plus. Je passe au large, au milieu de la chaussée, afin de mieux le voir. Au carrefour. Pimodan / Barbusse. (…)
Le matin, je traverse la rue. Juste devant ce camion, garé tout au coin. Je joue un peu à la roulette, j’écoute, je tends la tête, je vérifie que la voie est libre, et très vite, je traverse.
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cette jambe qui tremble,
dans
petits bouts de vie,
le
3 juillet 2012
La vie passe. A moitié enfuie, déjà. L’urgence d’écrire, toujours présente. Mais la peur, aussi. Peur de cette jambe qui tremble. Quand ça vient. Quand je vois. Une brise, une lueur, une idée. Peur de cette jambe qui tremble. Qui fait le lien. L’écriture, la jouissance. Peur de cette jambe qui tremble. De ce corps qui exulte. L’écriture. Ma réalisation. (…)
La vie passe.
A moitié enfuie, déjà.
L’urgence d’écrire, toujours présente.
Mais la peur, aussi. -
RER B, station Port-Royal,
dans
petits bouts de vie,
le
1er juillet 2012
Encombrée de moi-même, je marche à pas inégaux, prenant bien garde de maintenir mes pieds dans l’axe. Au moindre signe de défaillance, ils rentrent en dedans, comme les fleurs de volubilis se rétractent au coucher du soleil. Se concentrer, maintenir le cap, ne pas dévier lentement vers la droite, lever la tête, bien droite, et avancer. Surtout, l’air de rien, éviter de (…)
Encombrée de moi-même, je marche à pas inégaux, prenant bien garde de maintenir mes pieds dans l’axe. Au moindre signe de défaillance, ils rentrent en dedans, comme les fleurs de volubilis se rétractent au coucher du soleil.
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itinéraire bordelais (1994-2000),
dans
petits bouts de vie,
le
27 juin 2012
DEBUT 1994 Une chambre en rez-de-chaussée au lycée Montaigne. Promiscuité avec ma coturne. Décoration avant-gardiste pour masquer les murs lépreux. Chambre toujours ouverte aux quatre vents. Je passe par la fenêtre en enjambant le balcon. Je me lève tôt et révise mon latin, assise en tailleur dans le couloir mal éclairé. 1995 Khâgneuse, chambre individuelle à (…)
DEBUT
1994
Une chambre en rez-de-chaussée au lycée Montaigne. Promiscuité avec ma coturne. Décoration avant-gardiste pour masquer les murs lépreux. -
code(s),
dans
petits bouts de vie,
le
6 mai 2012
« Pour éviter tout risque de collision, un croisement s’effectue en ralentissant et en serrant à droite. Le plus encombrant facilite le passage. Sauf, en agglomération, s’il s’agit d’un véhicule de transport en commun. Sauf s’il s’agit d’un véhicule d’intervention utilisant ses avertisseurs. » Avoir le code, avoir le bon code, c’est important. « Quelle que soit sa (…)
« Pour éviter tout risque de collision, un croisement s’effectue en ralentissant et en serrant à droite. Le plus encombrant facilite le passage.
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GATO, GATO, GATO !,
dans
petits bouts de vie,
le
5 mars 2011
Quand mon enfant n'est pas là, il laisse son empreinte en creux derrière lui. L'espace vibre de sa présence. Une chaussure oubliée, un animal en plastique posé sous un coin de meuble, les coussins du canapé disposés à sa façon, tout me parle de lui. La maison est un entrelacs de ses aménagements personnels, signes d'une personnalité non plus naissante, mais déjà (…)
Quand mon enfant n’est pas là, il laisse son empreinte en creux derrière lui. L’espace vibre de sa présence.
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le silence... les tourterelles,
dans
petits bouts de vie,
le
28 février 2011
Je tends l'oreille... J'entends les tourterelles. La chaudière, au même moment, se réveille, comme une locomotive de l'ancien temps. Quelqu'un a du se laver les mains à l'eau chaude, dans la souillarde. Quel raffût, quand même, je ne ne m'y habituerai jamais... Je suis juchée sur le tabouret de mamie, celui sur lequel elle avait coutume de s'asseoir, devant la baie de la (…)
Je tends l’oreille... J’entends les tourterelles. La chaudière, au même moment, se réveille, comme une locomotive de l’ancien temps.
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a song for Gilou,
dans
petits bouts de vie,
le
7 février 2011
Tu aimes mes mots. Quand ils sont mélancoliques, surtout. Tu ranges mes mots. Dans tes tiroirs, dans ton sac à main. Tu les as tous gardés. Merci, gardienne de mes mots ! Moi aussi, ce soir, j'ai envie de garder trace de cette conversation où tu m'as dit aimer mes mots, ranger mes mots, garder mes mots. Tes mots, ceux que tu m'as dit dans un souffle triste au (…)
Tu aimes mes mots.
Quand ils sont mélancoliques, surtout.
Tu ranges mes mots. -
2 / 5 ans,
dans
petits bouts de vie,
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5 février 2011
Deux ans que j'ai déserté Gadins. Deux ans qui ont vus naître un enfant. Mon enfant. Deux ans qui l'ont vu changer de jour en jour. De nourrisson contemplatif, il est devenu petit lardon gigoteur, puis explorateur à quatre pattes... Aujourd'hui, il court à la découverte du monde. En aboyant de préférence. Bientôt cinq ans que ma mère est morte. Cinq ans qui m'ont (…)
Deux ans que j’ai déserté Gadins.
Deux ans qui ont vus naître un enfant. Mon enfant.
Deux ans qui l’ont vu changer de jour en jour.
